MAISON DES ÉCRITURES ET DES ÉCRITURES TRANSMÉDIAS

(M.E.E.T.) - HYPOLIPO

05 AU 17 NOVEMBRE ///// AURIANNE ABECASSIS

LES RENCONTRES : HYPO-APÉRO LECTURE

le 7 novembre 19H30 / 

Maison des comtes, Orcet.

 

le 13 novembre 18H30/

Médiathèque de Cunlhat Réseau des médiathèques Ambert-Livradois-Forez

 

Le 10 novembre 14H-18H

Atelier d'écriture (Complet) à la médiathèque de Jaude

 

INFO DERNIÈRE MINUTE.

Vous êtes inscrit.e à l'atelier d'écriture Hypolipo, animé par Aurianne Abécassis, proposé par Hypolipo et la médiathèque de Jaude, demain samedi de 14 h à 18 h. En raison d'un mouvement de grève des agents de Clermont Métropole, la médiathèque sera fermée. 

L'atelier est maintenu.
Il aura lieu au Conservatoire de musique Emmanuel-Chabrier (3 rue Maréchal Joffre, Clermont-Ferrand), salle 126 (1er étage).

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AURIANNE ABECASSIS

 

Après un Master d'Etudes théâtrales, Aurianne Abécassis est formée en jeu au conservatoire de Bobigny, puis est accompagnée dans son écriture à l'ENSATT. Elle écrit pour le théâtre, pour la marionnette, pour la radio. 

Elle co-fonde en 2014 le club d’auteurs ACMé – Appuyés Contre un Mur qui s’Ecroule – avec Marc-Antoine Cyr, Solenn Denis, Jérémie Fabre et Clémence Weill. Encadre des ateliers d’écriture pour enfants, adolescents et adultes. Par son écriture, elle met en question la tension entre engagement individuel et engagement collectif. Pour le théâtre, elle écrit entre autres Provisoires anatomies (bourse du Centre National du Théâtre) ; Le meilleur bleu ; La confiance (bourse du Centre National du Livre) ; Amir avant ; Chercher les camarades (Micheline). Pour la radio, elle écrit la fiction Le meilleur bleu et co-écrit avec Judith Bordas le docu-fiction Pousser les murs, tous deux diffusés sur France Culture. Pour la marionnette, elle écrit notamment Espèces d’oiseaux [c’est vrai qu’il y a les rêves aussi], Nos petites forêts (THE BIG BIG NIGHT)

ATELIER

ATELIER AVEC AURIANNE ABECASSIS

OUVERT À TOUTES ET TOUS

LES 10 ET 11 NOVEMBRE

14H-18H,MÉDIATHÈQUE DE JAUDE

EXTRAIT

 

2. Restaurant panoramique. Devant la baie vitrée.

Simon : Dans cette direction. Ils continuent à regarder. Ils se postent là et ils scrutent avec quelque chose au fond du regard. Je dirais de l’espoir. Qu’au fond ce ne soit pas si loin.
On leur a promis que d’ici ils pouvaient apercevoir le Sacré Cœur. Que les grues le cachaient pour l’instant mais que dès que les grues partiraient, que le chantier là-bas au loin serait fini et que les grues partiraient alors ils pourraient apercevoir depuis le restaurant panoramique des choses qu’ils aiment voir. Le Sacré-Cœur.

Tu ne parles pas ça ne t’inspire rien.

 

Shams : Que vos collègues –


 

Simon : Ce sont les tiens aussi.

 

Shams : se retrouvent ici malgré eux –

 

Simon : Je ne dis pas ça pour te faire de la peine je sais que tu habites ici je ne veux pas te vexer.

 

Shams : qu’ils aient besoin de voir le Sacré-Cœur pour se sentir vivants non ça ne m’inspire rien. Sauf qu’ils ne le verront jamais Paris ce n’est pas de ce côté. De ce côté ils verront les toits de la banlieue.

 

Simon : Les immeubles le terrain vague d’à côté – je le sais mais je ne leur dis pas. Au final ils y gagneront en contemplation – c'est dégagé et poétique.

 

Shams : Poétique comme la poésie urbaine ?

 

Simon : La beauté des toits.

 

Shams : Je ne comprends pas ce que c'est la poésie urbaine.

 

Simon : L’âpreté de la ville. Les niveaux de gris. Le métal et le fer. Et soudain quelques taches de couleur, posées comme par un hasard heureux.

 

Shams : De ce côté ils verront le ciel.

 

Simon : J’ai choisi mon appartement avec vue sur l’autoroute. L’agent immobilier m’a dit l’inconvénient de cet appartement – elle m’a dit la bretelle d’autoroute on s’y fait. Moi j’ai immédiatement aimé la bretelle d’autoroute. Quand je ferme les yeux je vois les voitures les camions et je suis dedans je suis avec les gens avec le conducteur. Je suis avec le chien en peluche sur la plage arrière. Je suis à la place du mort je regarde le conducteur.

Quand je ferme les yeux j’entends la mer. Le bruit ininterrompu et régulier du trafic sur l’autoroute. C’est à peu de choses près le bruit du ressac. Je ferme les yeux, et c’est le lointain des bruits qui me parvient, quelque chose de régulier et de rassurant. Jamais cette autoroute ne se vide – à toute heure le bruit – comme la mer. Un rouleau laisse la place à un autre, un autre encore et ça ne s’arrête jamais.

 

Shams : Je veux bien échanger avec vous. D’appartement ou d’oreilles.


Simon : Si je ferme les yeux je n’entends que la mer. Tu entends ?


Shams : J’entends les bruits de scooter de moto de voiture ou de bus du rer qui entre en gare.

Simon : Tu n’aimes pas ça ?


Shams : Le rer qui entre en gare non je n’aime pas ça.


Simon : La ville ?


Shams : Je ne l’ai pas choisie elle est là. Je rêve de mer et de bleu. Ou de vert je rêve.


Simon : Mais tu es là pourtant. Dans la ville.


 

Amir avant (extrait)

2019, propulsé par La Maison des Écritures et des Écritures Transmédias, HYPOLIPO. 

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